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L’utilité des contraintes – Eric Albert

Retour de vacances et pour beaucoup une certaine anxiété d’avoir à replonger dans la routine du quotidien de la vie professionnelle. Il est vrai que celle-ci est d’abord caractérisée par une somme de contraintes. Répondre aux emails dont le rythme a repris, aller aux réunions parfois sans intérêt, et se replonger dans toutes les tâches à réaliser pour atteindre ses objectifs ; la vie au travail peut être vue comme une accumulation d’obligations. Elles paraissent d’autant plus présentes au sortir des vacances caractérisées par de moindres contraintes ou du moins par une plus grande capacité à les choisir.

De fait, toutes ces contraintes de la vie professionnelle nous imposent un cadre auquel il faut s’adapter. C’est d’ailleurs ce que fuient ceux qui attendent impatiemment le moment de prendre leur retraite. Car avoir à s’adapter suppose toujours un effort. Efforts encore amplifiés par la pression du management ou l’entourage. Voire celle que l’on se met soi-même en surpondérant les enjeux personnels de réussite.

Contraintes, pression, enjeux, la question est comment y faire face à un moindre coût. Si cela paraît plus pénible en rentrant de vacances c’est qu’au cours des dernières semaines, chacun a un peu perdu de son entraînement à s’adapter. En effet, plus il y a de sollicitations, plus la capacité à y faire face se développe. Ce qui paraît une montagne à franchir, devient peu à peu une promenade de santé où chaque nouveau passage est abordé positivement.

C’est pourquoi, il est utile de prendre la bonne posture pour faire face à la contrainte. D’abord sortir d’une position de celui qui ne peut que les subir. Il faut toujours garder en tête qu’elles peuvent être challengées voire que l’on peut de son propre chef en assouplir certaines. Ensuite s’interroger sur le parti que l’on peut tirer de la contrainte. On m’impose de participer à une réunion qui ne me paraît pas utile pour moi, comment j’en obtiens un bénéfice auquel je n’avais pas pensé ? Enfin se rappeler que la contrainte nous pousse à exercer notre souplesse adaptative. Dès lors, elle devient un paramètre qui encourage notre développement personnel. Elle est un facteur extérieur qui stimule nos capacités internes qui en ont besoin pour prospérer.

Cette rentrée peut être pour chacun l’occasion d’aborder sa relation au travail autrement. Il s’agit de se mettre dans une perspective de s’adapter à un moindre coût psychique et émotionnel. Bonne reprise !