Que faire de nos jeunes ?

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Que faire de nos jeunes – Eric Albert – Uside

Que faire de nos jeunes ?

Par Éric Albert


L’une des premières conséquences de l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les entreprises est le constat que, dans beaucoup de tâches, elle peut remplacer les nouveaux embauchés. Le junior des RH qui faisait du recrutement est remplacé par une IA, il en est de même pour le jeune consultant qui faisait des présentations power point. Ainsi progressivement l’idée se développe qu’on pourrait se passer des jeunes. D’ailleurs la recherche d’emploi pour les récents diplômés de grandes écoles est plus difficile qu’elle ne l’était. En parallèle, ceux qui sont plus avancés en âge sont dans l’illusion qu’ils pourraient, si ce n’est ne pas vieillir, du moins vieillir moins vite.

Cet usage de l’IA revient à préserver les acteurs en place. Ils l’utilisent pour se faciliter la tâche et continuer à faire plus rapidement comme avant. Chacun, centré sur son intérêt, utilise l’outil pour son propre usage et améliore ses performances en maintenant le système en l’état.

L’IA devrait au contraire changer en profondeur les modes de travail et pousser à redéfinir le rôle de chacun en fonction de ses spécificités. Peut-être est-il temps de concevoir les jeunes autrement que comme des petites mains que l’on fait passer par le même apprentissage que les générations précédentes ? C’est-à-dire commencer par les tâches ingrates, de pure exécution pour monter lentement et progressivement toutes les marches franchies précédemment et souvent péniblement par leurs aînés.

Lorsqu’on regarde l’usage que les startups ont des jeunes, elle est radicalement différente. Elles utilisent à fond leurs spécificités : leur capacité disruptive, leur créativité, leur audace, leur dynamisme. Elles leur donnent des responsabilités et les évaluent sur leur capacité à délivrer. Pas question de suivre un parcours prédéfini : il n’y en a pas. Ils apprennent de leurs erreurs plus que des générations précédentes et progressent avec un fort sens des responsabilités.

L’avantage de cette révolution que constitue l’arrivée de l’IA est qu’elle nous pousse à repenser intégralement les modèles utilisés précédemment. La question de l’intégration des nouvelles générations n’est pas suffisamment prise en compte. On raisonne à court terme avec comme principal ressort, les économies possibles. Cette intégration doit être repensée si on ne veut pas se priver d’une ressource essentielle. Et plus grave encore, on sacrifie ceux qui sont la promesse du futur. La révolution de l’IA doit intégrer les jeunes générations et nous pousser à repenser notre façon de travailler.