On ne sait pas à quelle sauce on va être mangés.

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On ne sait pas à quelle sauce on va être mangés

Par Aurélie Judlin

« On ne sait pas à quelle sauce on va être mangés. » La phrase est de Patrick Martin, président du Medef, prononcée cette semaine, à deux jours de la présentation du budget 2027. Pour la troisième année consécutive, les entreprises craignent de servir de variable d'ajustement.

Le contexte n'aide pas à se rassurer : croissance 2026 revue à 0,5 % au lieu de 1 %, récession au premier trimestre, défaillances en hausse. Le gouvernement a bien tenté de clarifier certains points début septembre mais sur les arbitrages fiscaux, le flou demeure entier jusqu'au 1er octobre.

Ce flou n'est pas neutre. Un.e dirigeant.e qui vit plusieurs semaines dans l'incertitude budgétaire, sans un espace pour l'analyser, finit souvent par la transmettre telle quelle à ses équipes : décisions internes reportées « en attendant d'y voir plus clair », silences prolongés en CODIR, discours anxiogène qui s'installe sans qu'on l'ait vraiment choisi.

Chez Uside, nous appelons cela l'attention à soi, la capacité à ne pas confondre incertitude subie et absence de discernement. 

On ne maîtrise pas le calendrier budgétaire national. On choisit en revanche la façon dont on la porte devant ses équipes. Nommer ce qui reste incertain sans le dramatiser, distinguer ce qui dépend réellement de l'entreprise de ce qui n'en dépend pas, et refuser que l'attente d'un arbitrage à Bercy ne gèle, par contagion, toutes les décisions internes qui pourraient avancer dès maintenant.