Manager, c'est tout un travail. Mais lequel, au fond ?
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Manager, c'est tout un travail. Mais lequel, au fond ?
Par Aurélie Judlin
Cette semaine de la QVCT tombe à point nommé pour poser une question que j'entends rarement formulée franchement : est-ce qu'on prend encore vraiment soin de ceux qui prennent soin des autres ?
Le manager est au centre de tout. Il porte les injonctions du haut, absorbe les tensions du bas, traduit l'abstrait en concret. On lui demande d'être coach, stratège, régulateur émotionnel et garant de la performance. Simultanément. En flux tendu.
Ce que j'observe au quotidien chez Uside, c'est que beaucoup de managers ne manquent pas de compétences. Ils manquent d'attention à eux-mêmes.
Pas de l'introspection comme luxe ou parenthèse bien-être. Une discipline concrète : savoir décoder ses propres signaux de tension avant qu'ils n'altèrent son jugement. Reconnaître quand on pilote en mode réactif plutôt qu'en mode lucide. Comprendre que la fatigue décisionnelle n'est pas une faiblesse, c'est une réalité biologique qui se gère, ou qui vous gère.
Notre cerveau est un processeur aux ressources finies. Sans une attention fine à son propre niveau d'énergie, à sa clarté mentale, on croit diriger. On subit.
Et ce que l'on ne voit pas en soi, on ne peut pas l'offrir aux autres.
C'est là que tout commence. Dans la qualité du silence qu'un manager sait faire en lui-même pour être vraiment présent à ceux qu'il accompagne.
Prendre soin de son attention, c'est la condition première pour en faire un cadeau aux autres.
Et vous, quelle place accordez-vous à votre propre écologie intérieure ?