Le projet d'Aristote, ou comment identifier le secret de l'excellence

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Le projet d'Aristote, ou comment identifier le secret de l'excellence

Par Aurélie Judlin


Entre 2012 et 2014, Google a passé au crible des centaines d’équipes pour identifier le secret de l'excellence avec le Projet Aristote. Le verdict est sans appel : la performance ne dépend pas tant du profil des membres (le « qui ») que de la qualité de leurs interactions (le « comment »).

L’étude identifie un facteur dominant : la sécurité psychologique.
C’est la conviction partagée que l’on peut prendre un risque, poser une question ou admettre une erreur sans craindre d’être jugé ou humilié.

La data montre que les équipes les plus performantes partagent deux traits comportementaux majeurs :
- L’égalité de temps de parole : chacun s’exprime de manière équilibrée sur la durée. Le manager devient le garant de cette distribution de l'attention.
- La sensibilité sociale : la capacité des membres à décoder les émotions des autres (ton de voix, expressions faciales). En clair : ils se regardent et s'écoutent vraiment.

Ainsi, prévenir les risques psychosociaux et booster la performance durable ne sont pas deux objectifs distincts : c’est une seule et même mission qui consiste à outiller les managers pour instaurer (ou restaurer) ce climat de sécurité.
Valider l’existence, les efforts et les émotions de l’autre est la condition biologique pour que le cerveau s'autorise l'audace nécessaire à l’innovation et à l'excellence.

L'attention n'est plus une intuition, c'est une stratégie.