Le changement de culture lié à l’IA
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Le changement de culture lié à l’IA
Par Eric Albert
La plupart des grandes entreprises ont lancé un plan de transformation en lien avec les avancées proposées par l’intelligence artificielle. En général on commence par faire travailler les fonctions pour qu’elles décrivent de quelle façon elles pourraient, grâce au recours à l’IA, réduire leurs effectifs. L’exercice est souvent assez mal vécu, ce qui se comprend facilement : chacun doit décider des postes qu’il va supprimer avec, en arrière-plan, soi ou son collègue qui risque de perdre son emploi.
Ces projets sont présentés avec un nom ronflant accompagné d’une communication sur le thème : il faut intégrer toutes les innovations apportées par l’IA. Les échéances sont très variables d’une entité à l’autre. Certaines visent 2030 quand d’autres attendent des résultats à trois mois. Comme souvent, ces plans de transformation sont centrés sur les aspects techniques. On évalue les tâches qui peuvent être remplacées par l’IA, ce qui conduit à préciser les postes qui doivent être supprimés.
Ces projets ne sont que le tout début de la révolution à laquelle est soumis le monde du travail. Il serait une erreur de s’arrêter à la partie émergée de l’iceberg. Car ce que montre l’IA, c’est son évolution très rapide. Donc ce qui se passe aujourd’hui ne reflète pas ce qui arrivera demain. Autrement dit, le risque est de traiter ces transformations comme un projet, certes pénible et par lequel il faut passer, pour s’installer dans l’illusion que ce n’est qu’un mauvais moment à passer.
Nous entrons dans une ère où le rythme des transformations va s’accélérer pour suivre celui des évolutions de l’IA. C’est donc bien un changement de posture, c’est-à-dire à la fois de représentation des transformations et de façon d’y faire face, qu’il faut opérer. Si la transformation est vécue comme une menace, l’attitude sera d’essayer de l’éviter pour finir par la subir de façon traumatisante. Il est donc fondamental d’aider les acteurs à construire leur confiance en eux-mêmes et à leur donner le goût de continuer à apprendre quel que soit leur âge. Il faut aussi qu’ils anticipent les changements à venir et s’y préparent. Ce qui suppose de comprendre que rien n’est acquis et qu’ils changeront de métier plusieurs fois.
Dans le monde qui se profile, rien n’est plus important que d’apprendre à apprendre et de trouver des satisfactions à s’adapter à la nouveauté. C’est bien un changement de culture que nous invite à faire l’IA !