Face à un ralentissement, on regarde les chiffres. Face à la peur, on regarde les gens.
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Face à un ralentissement, on regarde les chiffres. Face à la peur, on regarde les gens
Par Aurélie Judlin
La nouvelle prévision de croissance de la France pour 2026 a été revue à la baisse par l'Insee le 10 septembre : 0,4% contre 0,7 % anticipé en juin. Le chômage, lui, est attendu à 8,6 % en fin d'année, et environ 52 000 emplois salariés devraient disparaître d'ici la fin de l'année.
Ces chiffres vont circuler cette semaine dans tous les comités de direction et sont susceptibles de produire deux réactions : l'une utile, l'autre dangereuse.
La première tentation, dangereuse, est celle du repli sur la gestion à vue. Resserrer les budgets ligne par ligne, geler les projets, multiplier les points de suivi pour reprendre la main sur un environnement qui semble échapper à tout pilotage. C'est une réaction naturelle. C'est aussi la meilleure façon de transmettre sa propre anxiété à l'ensemble de l'organisation, au moment précis où elle en a le moins besoin.
Il y a une seconde réaction, plus exigeante mais plus juste. Regarder ce que ces chiffres veulent dire, concrètement, pour les personnes. Derrière le 8,6 %, il y a des collaborateur.rices qui, pour beaucoup, connaissent quelqu'un dans leur entourage déjà touché par une perte d'emploi, ou craignent de l'être eux-mêmes. Cette inquiétude ne se dira pas toujours à voix haute en réunion. Elle se lira dans un silence, une baisse d'engagement, une fatigue qui ne s'explique pas autrement.
Chez @Uside, nous appelons cela l'attention aux autres. La capacité d'un.e manager à percevoir ce signal faible avant qu'il ne devienne un problème de santé mentale ou de désengagement durable. Elle ne s'improvise pas un jour de mauvaise nouvelle économique. Elle se construit en amont, dans la qualité du lien qu'on a su tisser quand tout allait encore bien.
Un ralentissement économique se pilote avec des chiffres. Un climat de peur se pilote avec de l'attention.