Demander de l'aide
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Demander de l'aide
Par Éric Albert
La question de la confiance mutuelle entre pairs est au cœur de toute communauté de travail. Intérêts parfois divergents, rivalité entre les acteurs ou simplement agacement réciproque, la coopération efficace est un long chemin. Et rien n’est jamais acquis définitivement. C’est l’une des raisons qui conduit les Comex à se réunir régulièrement et à faire des sessions de team building.
Il s’agit d’abord de créer des relations de qualité. C’est pour cela que l’on invite les acteurs à parler d’eux-mêmes en tant que personne. Ce qui émerge de leur parcours, ce qui les anime ou encore leurs goûts et leurs loisirs sont des informations précieuses. Car la première étape pour être en relation à l’autre est de connaître et comprendre qui on a en face de soi. Mais ce n’est pas parce qu’on se connaît que l’on s’entend. Il est nécessaire de s’ajuster en permanence les uns aux autres. Pour cela, deux compétences sont indispensables. La première est de savoir se faire mutuellement du feedback et peut-être plus encore de savoir le recevoir. Dans les interactions quotidiennes, les émotions produites, parfois de façon involontaire sur les autres, sont fréquentes. Il est important de s’en rendre compte et de mesurer les effets produits. C’est en cela que le feedback est précieux. Il aide chacun à réaliser ce sur quoi il a à progresser. Développer une culture du feedback est essentiel, afin qu'elle entre dans les mœurs comme une pratique banale. La seconde compétence pour s’ajuster concerne la gestion des désaccords. Le premier risque est l’évitement. Pour ne pas avoir à se confronter à l’autre, on contourne soigneusement le sujet. Il faut donc commencer par formuler l’objet du désaccord. Puis d’expliciter les enjeux de l’une et l’autre partie, et les mettre en perspective par rapport à ceux plus généraux de l’entreprise. Le compromis suppose des concessions qui engendrent des difficultés à chacune des parties.
La marque de confiance la plus forte est lorsque les acteurs peuvent se demander de l’aide mutuellement. Car cela suppose de dévoiler une part de vulnérabilité. C’est en s’ouvrant sur ses manques ou ses fragilités que l’on montre à l’autre qu’on lui fait confiance. L’aide apportée vient renforcer le lien et la confiance dans l’autre. Celui qui est aidé est reconnaissant et celui qui a fourni l’aide est valorisé. Savoir accepter de se faire aider par ses pairs est au cœur de la relation de confiance. C’est une pratique qu’il faut encourager, pour qu’elle se généralise.