Clore un conflit
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Clore un conflit
Par Eric Albert
Si l’accord US / Iran est un soulagement car il met fin à une guerre meurtrière et qu’il annonce la réouverture du détroit d’Ormuz et donc un déblocage de l’économie mondiale, pour autant son contenu laisse sceptique. D’ailleurs les bombardements sur le Liban ne se sont jamais arrêtés et quelques jours après la signature, l’Iran annonçait le blocage à nouveau du détroit. On s’oriente vers une situation où deux des protagonistes, l’Iran et Israël, vont tester en permanence les limites des US et de son président. Comme Trump n’a pas l’intention de se lancer dans une nouvelle intervention, cela laisse une large marge de manœuvre pour repousser les limites.
Dans l’entreprise les désaccords sont fréquents et les conflits, le plus souvent, larvés. Deux acteurs ne s’apprécient pas, et parfois leurs périmètres sont en rivalité. Mais ils font en sorte d’éviter les conflits ouverts. Tout se passe de façon détournée. On ne critique pas ouvertement le projet porté par son adversaire, mais on fait en sorte qu’il ait du mal à le déployer. Comme c’est implicite, cela évite au boss d’avoir à intervenir. En effet, un conflit ouvert n’est pas acceptable. Il oblige le n+1 à exiger des protagonistes qu’ils trouvent une solution sur le fond et qu’ils changent de posture dans la forme
L’entreprise n’est pas le terrain géopolitique. Terminer un conflit, c’est cesser de chercher à affaiblir l’autre pour, au contraire, l’aider à prospérer. Cela suppose de trouver des convergences d’intérêt et d’ouvrir un mode de collaboration de qualité. Concrètement, il est nécessaire de pouvoir échanger régulièrement sur la façon d’interagir, de se faire des feedbacks et de lever les doutes à chaque fois qu’ils apparaissent sur l’intention de l’autre. C’est-à-dire travailler sur la relation et faire en sorte qu’elle permette des échanges de qualité qui progressivement renforcent la confiance.
Les conflits larvés sont plus fréquents qu’on ne le pense. Tout est fait pour qu’on puisse faire semblant de ne pas les voir. Tout le monde sait qu’ils existent, mais on en sous-estime les conséquences et on préfère les éviter. C’est la responsabilité du boss de les nommer et d’exiger que le travail sur la relation se fasse lorsqu’il est nécessaire. À cette occasion il pourra tester la force de son autorité. Si ses collaborateurs testent les limites c’est qu’elle est faible. C’est une bonne façon d’exercer son autorité que de l’utiliser pour faire cesser les conflits.