Bonne nouvelle

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Bonne nouvelle

Par Éric Albert


Elles sont suffisamment rares pour qu’on s’y arrête. L’indicateur INSEE du climat des affaires qui est publié tous les mois est reparti à la hausse en octobre. Certes d'un petit point. Mais c’est appréciable dans cet environnement submergé par les nouvelles déprimantes et où il est bien difficile de trouver une raison d’optimisme. L’autre bonne nouvelle est que c’est principalement l’industrie qui oriente l’indice dans le bon sens. Ainsi, alors que les dirigeants politiques font preuve d’une irresponsabilité délétère, le monde économique tient et continue de créer de la richesse.

Cette résilience est l’une des premières qualités des chefs d’entreprise. Elle repose d’abord sur un optimisme résolu. Pour entreprendre, il faut oser ce que d’autres n’oseraient pas et donc avoir cette envie d’aller chercher ce qui paraît, si ce n’est impossible, du moins peu probable. C’est indispensable pour lancer les projets. Ensuite la persévérance fait la différence. Mais pas une persévérance rigide. Cette persévérance doit être adaptative et souple. Ce qui signifie tenir compte des expériences pour évoluer soi-même et faire évoluer son entourage sans jamais lâcher son objectif principal. Et donc faire preuve de courage et de discipline.

Dans le contexte que nous vivons, le monde économique et les chefs d’entreprise font tenir la société. L’entreprise est le seul lieu où quelles que soient ses opinions, on collabore pour construire ensemble et réaliser des projets qui dépassent les trajectoires individuelles. Dans la plupart d’entre elles, des valeurs existent et sont appropriées par la majorité des acteurs. Si les rivalités sont présentes, l’entraide l’est aussi. Il ne s’agit pas d’en dresser une image idéalisée. C’est aussi le théâtre d’échecs, de violences et d’injustices. Mais il importe de prendre conscience que le monde de l’entreprise, pour ceux qui ont la chance d’y participer, est structurant dans un environnement qui se délite. C’est le lieu où chacun apprend à donner, à partager, à contribuer et à ne pas seulement revendiquer pour son intérêt propre.

Au-delà de la création de valeur économique, l’entreprise est un pôle de stabilité et un cadre qui permet de « faire société ». Il n’est d’ailleurs pas surprenant que ceux qui cherchent à déstabiliser la société s’y attaquent frontalement. Dans les débats qui agitent le pays, il est significatif de voir à quel point l’entreprise n’est considérée par les différentes parties prenantes au mieux comme un espace de création de valeur. Sa dimension sociétale est très sous-évaluée.