L'attention : le nouveau capital stratégique des dirigeants
Soirée de réflexion et d'inspiration, jeudi 4 juin 2026, avec nos invités Alice Albizzati, Co-Fondatrice de Revaia, Alexandre Guérin, Directeur Général Ipsos bva et Eric Lombard, ancien Ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique à la suite de la publication de l'étude Uside-Ipsos bva

Jeudi dernier, Uside a pris un temps d'arrêt pour explorer un angle mort majeur de nos organisations : la crise de l'attention.
En coulisses, une forme de "fatigue cognitive" s'est installée. Nos journées, ultra-fragmentées, ne sont plus seulement une question de productivité individuelle : elles deviennent un défi de santé mentale et de performance collective.
J’ai eu le privilège d'animer un débat passionnant avec un panel d’exception : Eric Lombard, Alice Albizzati et Alexandre Guérin.
Ensemble, nous avons confronté nos intuitions à la réalité chiffrée de notre étude nationale. Trois idées fortes se dégagent de nos échanges pour repenser notre Leadership d'attentions :
- L’attention est un actif stratégique, pas un concept "soft" : la désattention est un phénomène massif et systémique. Elle conditionne directement la qualité de notre réflexion, la force de nos relations et notre capacité réelle à innover.
- L'exemplarité managériale est le levier clé : Il existe un décalage moyen de 23 points entre la perception que les managers ont de leur propre impact et la réalité perçue par leurs équipes. Restaurer la pleine attention collective commence par une prise de conscience individuelle du dirigeant.
- L’IA doit rester un outil, pas une prothèse : Si l’IA est une opportunité formidable pour déléguer les tâches répétitives, le risque est comportemental : celui de créer des organisations hyper-efficaces en surface, mais atrophiées sur le plan de la réflexion profonde et de la connexion humaine.
Diriger, ce n’est plus seulement manager son temps. C’est choisir, avec lucidité, où l’on place son énergie.
Merci à nos invités pour leur éclairage, à toutes celles et tous ceux qui étaient présents, et aux équipes de SIA et Uside pour la co-construction de ce moment.
Je voulais revenir sur notre soirée de jeudi dernier. Avec Uside, nous avons réuni une cinquantaine de personnes autour d'un sujet qu'on ne met jamais à l'agenda : le capital attentionnel comme nouvel enjeu des organisations.
Merci à Eric Lombard, Alice Albizzati et Alexandre Guérin d'avoir accepté de débattre sans langue de bois sur un sujet qui nous touche tous. Merci à Aurélie Judlin de Hemptinne d'avoir animé ces échanges avec autant de précision. Merci Eric Albert pour cette introduction inspirante. Merci à Damien Vaillant et Anne-Laure Gallay pour votre éclairage avec les données Ipsos bva qui ont ancré la conversation dans le réel.
Voilà ce que j'en retiens :
49 % seulement des salariés français évitent le multitasking. 58 % estiment que leur organisation n'agit pas sur le sujet. Ce n'est pas une question de discipline individuelle. C'est un phénomène systémique, silencieux, et désormais mesurable.
Le sens de l'attention mieux que n'importe quelle règle. Quand les gens sont vraiment là, c'est parce qu'ils comprennent pourquoi c'est important. Pas parce qu'on leur a demandé de poser leur téléphone.
La prise de conscience individuelle ne suffit pas. Si l'organisation ne crée pas les conditions, présence, rituels, cadre managérial clair, demander aux gens de "faire un effort" ne produit que de la culpabilité.
L'IA installe un nouveau réflexe. Celui de déléguer la réflexion avant même d'avoir commencé à penser. Le vrai risque n'est pas la productivité. C'est l'atrophie du jugement.