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Avez-vous un gourou ? – Eric Albert

Depuis la sortie du film, les commentaires vont bon train pour dire tout le mal qu’il faut penser du coaching et surtout des coachs. Ces individus incompétents, ces recyclés de leur « middle age crisis » qui se piquent de dire aux dirigeants ce qu’ils ont à faire alors qu’ils n’y connaissent rien. Ils n’ont pas de diplôme universitaire mais, au mieux, une accréditation, comment dès lors les prendre au sérieux ? D’autant que, même sans en avoir l’intention, ils manipulent leurs clients.

Il est vrai que l’on a vu fleurir au cours de la dernière décennie une multitude d’offres de coaching. Et admettons que derrière ce mot, les réalités sont des plus variées, et que la bonne volonté est loin d’être suffisante pour avoir une utilité.

Le coaching concerne les comportements. Il vise à aider les managers à développer et faire évoluer leurs compétences comportementales. En cela ce n’est pas du conseil, et ceux qui pensent que parce qu’on a été patron, on est légitime, se trompent. Ils ne font pas la différence entre coaching et conseil. Il s’agit donc de développer les capacités comportementales. Pourquoi est-ce si important ? Parce que la limite d’un dirigeant ce n’est jamais son intelligence, son expérience ou sa compétence technique. Par définition pour arriver au niveau où il est, il a prouvé qu’il avait ces compétences. Elles lui ont d’ailleurs permis de réussir et de se distinguer parmi ses pairs. Ses limites sont presque toujours dans le champ comportemental. Tel dirigeant ne sait pas faire de feedback constructif à ses n-1, tel autre ne supporte pas la moindre erreur et met une pression énorme, un autre encore est sec et autoritaire sans faire participer son entourage aux décisions, etc. Et alors, diront certains, s’il prend les bonnes décisions stratégiques ? Mais un dirigeant n’est pas juste un décisionnaire, il se doit d’incarner dans tous les champs ce qui est important pour l’entreprise. Il doit, avant tout, produire sur les autres l’effet recherché à l’instant donné. Ce qui passe par ses comportements.

Aucun dirigeant n’est totalement accompli sur le plan comportemental et chacun doit continuer à se mettre dans une dynamique de progrès. Le risque s’il ne le fait pas, est de devenir une caricature de lui-même en vieillissant, et de ne s’appuyer que sur les comportements qui l’ont fait réussir dans le passé. C’est pourquoi le coaching est une ressource irremplaçable.